Billet d'humeur de Papy Toinou : Il n'y a pas de fumée sans incinérateur !

Publié le par Action pour Lempdes

     Prenez une région où la nature et l'air pur existent encore, l'Auvergne par exemple. En Auvergne, cherchez une agglomération, Clermont-Ferrand, où les gens votent massivement pour une majorité PS avec de bons écarts vers l'écologie. On pourrait penser que la décision d'installer un complexe hautement polluant, comme un incinérateur, serait écartée en une réunion. Non ! Cela dure depuis près de 15 ans. Le dossier à charge de l'incinération est en effet accablant. Les risques pour la santé sont multiples avec des émissions de poussières ultra fines qui sont à la base de très nombreux cas d'asthme et d'autres pathologies, ou des émissions de CO2 qui peuvent égaler celles de la circulation routière d'une agglomération comme celle de Clermont-Ferrand. Les déchets issus de l'incinération, qui représentent tout de même un tiers de la masse incinérée, sont toxiques en fin de traitement. Il s'agit des mâchefers et surtout des réfioms (résidus d'épuration des fumées d'incinération) qui doivent être vitrifiés et stockés dans des centres qui n'existent pas dans le département du Puy-de-Dôme. Et tout ceci, en omettant de dire que les normes actuelles ne prennent pas en compte les émissions de dioxines, de furanes et de métaux lourds (mercure, cadmium, arsenic, etc...). On peut se souvenir des dysfonctionnements d'incinérateurs comme ceux de Fourchambaud, de Gien ou d'Alluin, qui ont alimenté la presse de scandales financiers, écologiques et sanitaires.incinerateur[1]

 

     La question posée par les élus de l'agglomération clermontoise peut surprendre : pourquoi vouloir construire un incinérateur dans une agglomération de 300 000 habitants, drainant ainsi des ordures venues de tout le département pour augmenter le niveau de pollution déjà élevé d'une agglomération placée dans une cuvette géographique ? Ce débat entre élus politiques «  de gauche » a lieu au sein du syndicat du traitement des ordures ménagères (le VALTOM) créé en 1997. Cette structure de 28 délégués est constituée  d'élus, tous maires, de diverses villes de l'agglomération sous une forme moyennement démocratique car 5 d'entre eux représentent à eux seuls 45% des habitants. Ces élus, tous membres du PS, étaient bien entendu amis à l'époque de la création du VALTOM et plus ou moins d'accord pour installer un incinérateur « quelque part » dans l'agglomération. En effet, les tonnes d'ordures produites doivent bien être récoltées et stockées (au grand plaisir des villes élues pour abriter les décharges) alors pourquoi ne pas valoriser ces déchets en les incinérant : cela crée des emplois et des revenus pour les communes qui voudront bien de l'incinérateur. Depuis 15 ans, les petites manifestations de militants écologistes sont devenus des associations très actives rassemblant de citoyens mobilisés contre l'incinération. Des collectifs d'associations ont créé un site très complet, airpur.org, permettant à tous de juger des projets habituellement laissés entre les mains des élus. A plusieurs reprises, les projets ont été ainsi annulés à la dernière minute par des élus effrayés par l'ampleur des protestations. Mais, il y a toujours des élus préférant les revenus de l'incinération à l'air pur, alimentant ainsi un débat politique fait de guerres fratricides, de trahisons et d'élus girouettes (1).

 

     La solution, on la connaît, est d'arrêter de produire autant de déchets. L'argent investi dans un incinérateur et le circuit de traitement permettraient d'inciter les habitants à mieux trier  et les entreprises à moins rejeter d'ordures. Le coût initialement annoncé pour la construction de l'incinérateur en 1997 était de 82 millions d'euros. Aujourd'hui, le coût global, construction et fonctionnement est de 558,8 millions d'euros sur 20 ans.  La construction est prévue pour démarrer ce printemps 2011... Mais les collectifs espèrent bien enrayer une fois de plus cette machine politique absurde.

 

(1)- Les mauvaises langues parlent souvent aussi du rôle joué par un lobby imaginaire de l'incinération autour du projet actuel de GDF-Suez « d'unité de valorisation énergétique » (le mot incinérateur devenant trop critiqué). 

 

 

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Publié dans cadre de vie

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L'orripilant 23/02/2011 00:24



Je trouve ccet article très intéressant.Il résume très bien les responsbilités des uns et des autres dans l'histoire d'un désastre écologique.